Agence ’O loves events ▪ Antoine de Galbert : lorsque Le Mur se défait des automatismes !

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Exposition  » Le mur », œuvres de la collection Antoine de Galbert, 2014. Courtesy La Maison Rouge

Il y a deux semaines de cela s’achevait l’exposition Le Mur, à La Maison Rouge. Entre le cabinet de curiosité et la Galerie des Glaces, cette exposition tenait de la fascination.

Tout d’abord, mon attention s’est portée sur le nom même de cette exposition : Le Mur. Qu’est ce qu’un mur ? Face au mur, nous sommes dans l’incapacité de fuir…Dans sa plus grande verticalité, il exerce un pouvoir de frustration sur nous. Aussi, face à lui, nous sommes subjugués, fascinés, déçus, admiratifs, contemplatifs, perturbés…

Dans une exposition, le mur est une surface dialoguant avec des milliers de regards, tous cherchant l’émotion. Dans un espace d’exposition type galerie, le mur reste pensé et régi par des bases académiques. La plupart du temps, les éléments venant l’habiller nous racontent des histoires. Si ce n’est pas le cas, il ne reste pas moins pensé au millimètre près, tant sa vision est conditionnée par les “auteurs tout puissants” que sont les commissaires d’exposition ; ceux-ci, d’après La Maison Rouge elle-même, “imposant leur vision des choses”…

L’exposition proposée par La Maison Rouge présente la quasi totalité des œuvres du collectionneur d’art contemporain Antoine de Galbert, son président. Dans une démarche “obsessionnelle, compulsive”, il accumule des œuvres rapportant de près ou de loin à son vécu (des moments passés, souvenirs, émotions, pensés, sensations, questionnements, voyages). Ces quelques vingtaines de murs exposent des thématiques intimement liées à notre existence : le corps, l’homme, la vie, la mort, le temps, la croyance, le sexe…

Pour mettre à nu ces objets du sensible, Antoine de Galbert a choisi de ne pas suivre les habitudes d’accrochage. Ici, le commissaire d’exposition se voit remplacé par une machine. L’accrochage et la mise en abîme de la collection sont confiés à une ligne de code née d’un algorithme (G=E(g(X)) =…). Ainsi de manière aléatoire, l’ordinateur va placer les éléments dans l’espace occupable, organiser et combler les vides….

La volonté de déléguer cette mission à une machine illustre parfaitement « le désordre sinueux » de la mémoire d’Antoine de Galbert. Au fil du parcours se dessine un univers mental exhaustif riche en horizons… Cette prise de risque délivre une expérience visiteur inattendue, peu commune des galeries contemporaines. L’exposition devient alors curieusement intrigante.

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Exposition « Le mur », œuvres de la collection Antoine de Galbert, 2014. © Marc Domage

Quelques personnes ont reproché l’absence de cartels et une organisation désordonnée. J’aurais tendance à croire qu’au contraire ces choix sont des plus judicieux ; le manque et le désordre alimentant l’envie d’en savoir plus, connaitre, comprendre …

Paradoxalement, face à cette “cacophonie visuelle”, nous nous retrouvons dans un espace tout à fait appropriable, accessible. La collection d’Antoine de Galbert, non rangée, non nommée, élance ainsi notre curiosité, notre autonomie visiteur et peut-être même notre créativité.

En effet, un parallèle solide peut se faire avec le mind mapping. Cette fameuse carte heuristique souvent à l’origine de projets créatifs réfléchis. À première vue chaotique, ces cartes cachent en réalité la ligne conductrice d’un projet. Parmi une effervescence de mots sur une surface exploitable, quelques uns (plus forts que d’autres) se révèlent à nous.

Finalement, à l’expérience visiteur, ces détails deviennent les éléments déclencheurs d’une possible réappropriation des œuvres, sans imposer une situation ou vision particulière. C’est ainsi que, face au mur nous devenons explorateurs, détenteurs de positions personnelles. À nous de faire le  tri, les mettre en relation et les rattacher à notre intime passé, présent, futur…

Je vous invite à guetter la programmation de La Maison Rouge, qui réserve parfois bien des surprises.

Manon pour Agence ‘O

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Exposition  » Le mur », œuvres de la collection Antoine de Galbert, 2014. © Marc Domage

 

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